Le CTS des DIRECCTE s’est réuni le 7 décembre 2011, il était prévu d’y examiner divers points pour avis :
- arrêté portant création des CHSCT de proximité dans les DIECCTE
- projet d’évolution de l’organisation des compétences informatiques des DIRECCTE et DIECCTE
L’harmonisation du temps de travail devait faire l’objet d’échanges sur la base du rapport IGAS de la mission d’étude « sur le temps de travail des personnels dans les DIRECCTEs ».
La CGT a fait valoir que le CTS ne peut valablement émettre d’avis tant que son règlement intérieur n’a pas été modifié, sur la base du règlement intérieur type, lequel doit être examiné par le Conseil Supérieur de la Fonction Publique le 19 décembre prochain.
Toutes les OS représentées au CTS ont souscrit à la démarche de la CGT visant à proposer au DGP de retirer de l’ordre du jour du CTS les points devant être étudiés pour avis, de surseoir à l’expérimentation du projet EUCLID (Evolution Unifiée des Compétences Locales Informatiques) faute de quoi, les OS refuseraient de siéger.
L’administration a accepté de ne pas consulter le CTS sur le schéma informatique et de ne traiter ce sujet qu’à titre d’information. Elle a insisté toutefois sur l’urgence d’adopter le projet d’arrêté portant création du CHSCT dans les DIECCTE, ce dont les OS ont convenu.
En liminaire (déclaration ci-jointe), la CGT a dénoncé les méfaits de la RGPP dont l’échec est avéré et constaté par des parlementaires de tous bords et a relayé la demande de moratoire du CESE.
Les points à l’ordre du jour ont été examinés en suivant :
1°) Adoption du procès-verbal de la réunion du CTPS du 30 juin 2011 :
La CGT qui avait boycotté cette séance n’a pas commenté ce procès-verbal.
2°) Information sur les modalités de fonctionnement du CTS
L’administration a présenté 2 arrêtés du 15 novembre 2011 l’un modifiant l’arrêté du 3 décembre 2010, pour tenir compte des résultats des élections du 20 octobre 2011 dans les DIECCTEs. Le nombre et la répartition des sièges demeurent inchangés. L’arrêté entérine le fait que le CT n’est plus paritaire ; l’autre modifiant la représentation de l’administration : outre les ministres des finances et du travail ou de leurs représentants, présidents, le DGP, M. EL NOUCHI et par le responsable du pôle RH de la DGP, M. LE GAC.
3°) Consultation sur le projet d’arrêté portant création des CHSCT de proximité des DIECCTE :
3 membres du personnel pour les CHSCT de Mayotte et de Guyane (les effectifs étant inférieurs à 100 agents), 4 membres du personnel pour les CHSCT de Guadeloupe, Martinique et de la Réunion.
A la demande de la CGT, des modifications formelles rendant la compréhension du texte plus aisée ont été apportées au projet qui n’a pas suscité d’autres commentaires.
Toutes les OS se sont exprimées en faveur de ce projet d’arrêté, sauf FO qui s’est abstenue.
4°) Information sur le projet d’évolution de l’organisation des compétences informatiques des DIRECCTE et DIECCTE :
Pour l’administration, il est urgent d’adapter « les systèmes d’information et de communication » pour les mettre en cohérence avec la mise en place des DI(R)ECCTEs. Aujourd’hui l’organisation des SI est verticale, avec un éclatement des équipes informatiques, entre le pôle C (Assistants Utilisateurs qui sont sous le lien de l’Administration Centrale – SI CCRF) et le pôle T (où les équipes informatiques régionales relèvent de l’autorité hiérarchique du DIRECCTE, et où les équipes informatiques locales relèvent de celles du RUT sans lien entre elles). Aussi, pour passer d’une organisation verticale à une vision transverse des entreprises, le projet de schéma directeur informatique des DIRECCTE élaboré sous l’égide de la DGP a fixé 4 axes stratégique d’évolution dont le projet EUCLID (Évolution Unifiée des Compétences Locales Informatiques en DI(R)ECCTE) constitue un volet important.
Ce projet vise :
à mutualiser les équipes dans chaque DI(R)ECCTE par la création d’ ESIC « Equipe Systèmes d’Information et de Communication »
à mutualiser les compétences au niveau national par la création des GAD « Groupe d’Appui aux DIRECCTEs »
La note de cadrage a été validée par les 2 secrétaires généraux (minefi et travail) le 15 novembre dernier.
Selon l’administration, l’impact de la réforme doit s’apprécier du point de vue des informaticiens et des utilisateurs :
Pour les informaticiens, il s’agit de professionnaliser la filière informatique (état de l’art sic !). Cette professionnalisation doit s’accompagner d’un volet Ressources Humaines où chacun doit trouver sa place ; si à ce stade, la DGP n’a pas la réponse à toutes les questions soulevées, toutefois, elle indique que s’agissant des candidatures retenues pour l’affectation dans les GAD, il n’y aura pas de mobilité géographique imposée. La phase d’expérimentation devrait permettre d’aborder toutes les questions RH, notamment celles de la prime informatique, des transferts, de la formation (…).
L’administration confirme que ce projet s’inscrit dans les objectifs assignés par la RGPP, notamment celui de la suppression de 40 ETP qui s’impute sur les réductions d’emploi pluri-annuelles 2011/2013 du ministère du travail, et celui du ratio cible de 1 gérant pour 100 gérés sur l’assistance bureautique. Mais, selon elle, leur réalisation fera l’objet d’un accompagnement individualisé des agents, en lien avec les DIRECCTEs, dans le cadre de la GPEC ;
Pour les utilisateurs, il s’agit de simplification, de formalisation des services informatiques, de parvenir à une équipe unique ce qui facilitera les dépannages.
Le responsable du pôle « systèmes informatiques » a détaillé toutes les « étapes du changement » et le calendrier ; la phase de généralisation de ce schéma rénové devait initialement intervenir dès le mois d’avril 2012 !
6 régions « test » ont d’ores et déjà été choisies : Alsace, Lorraine, Corse, Poitou-Charentes, Languedoc-Roussillon et Martinique.
En réponse, toutes les OS dont la CGT ont manifesté de fortes réserves sur ce vaste projet, tant sur le fond que sur la forme. L’objectif affiché, sous couvert de mutualisation, de réduction du nombre d’informaticiens, et probablement en partant de ceux relevant de la catégorie C comme les ATI (même si le DGP déclare qu’actuellement dans le cadre du dialogue de gestion avec les DIRECCTEs, il n’y a pas de ciblage), l’éloignement des équipes sous couvert de spécialisation qui va jusqu’à la mise en place de « help-desk » ou « hotlines » – premier pas vers une externalisation – le tout mené, comme trop souvent, au pas de course, ont été unanimement contestés.
La CGT a souligné qu’un tel projet de réorganisation de cette ampleur qui menace le devenir tant des missions que des agents, impliquait la plus grande transparence et en prenant le temps de la discussion. Elle a rappelé l’obligation de saisir au préalable les CHSCT, ayant en charge toutes les questions liées à l’organisation du travail, et elle a demandé que les CTR des directions d’expérimentations retenues soient préalablement consultés. Le DGP a répondu favorablement à notre demande.
L’administration fera des propositions sur le cadre de travail adapté pour traiter du schéma informatique. Elle a évoqué la constitution d’un groupe de travail en janvier 2012 avec les OS.
La CGT a d’ores et déjà indiqué que l’instance ad hoc pour ces travaux était naturellement le CTS.
5°) Harmonisation du temps de travail :
Compte tenu du temps passé à la présentation du schéma informatique et à la discussion qui s’en est suivie, l’administration a souhaité simplement recueillir les premières réflexions des organisations syndicales sur ce thème sur la base du rapport de l’IGAS.
Le DGP a indiqué que ce sujet très important ne devait pas être traité dans la précipitation et qu’il faudrait prendre le temps. Il a souligné que selon lui, harmonisation ne signifiait pas uniformisation, que la vertu de ce rapport était dans la présentation d’un état des lieux, avec apparition de disparités, et de suggestions /propositions.
D’emblée, la CGT a fait valoir que les agents étaient attachés à la préservation des acquis obtenus dans chacun des cadrages nationaux en matière d’ARTT ; ainsi, dans l’attente de discussions à ouvrir avec les OS en vue d’un nouveau cadrage national, elle se prononçait en faveur d’un statut quo – en soulignant d’ailleurs une des préconisations du rapport « prendre le temps d’un débat de fond ».
La CGT a également soulevé des erreurs (volontaires ?) contenues dans le rapport. Ainsi :
- les agents du ministère du travail bénéficient non pas de 20 jours de RTT, mais de 15 jours de RTT (1 jour a été volé depuis aux agents), de 30 jours de congés dont la semaine d’hiver dont le régime suit celui des congés payés. C’est une victoire obtenue de longue lutte en 2000, alors que le ministère voulait supprimer cette semaine ; s’agit-il pour la mission de remettre en cause cet acquis ?
- le forfait jour, auquel s’est toujours opposé la CGT, a été limité, par l’action des OS dans le cadrage national qu’aux directeurs sous statut d’emploi (DD et DR notamment), et l’amalgame visant à considérer que des agents de l’inspection du travail, ou autres itinérants, en ne pointant pas certains jours, sont en forfait (le forfait jour est comptabilisé sur l’année) cache mal l’orientation préconisée visant d’une part, à l’élargissement du champ d’application du forfait jour, et d’autre part, à l’extension du badgeage au personnel des finances, et à des contrôles plus stricts de la durée du travail ( le rapport préconise par exemple «la mise en place de moyens fiables de pointage à distance, et reconnus par les systèmes et outils de gestions) ;
- s’agissant des astreintes, le rapport déplore que le régime des astreintes n’a pas été formellement mis en œuvre dans les DIRECCTEs, alors que là encore, l’action syndicale menée contre ce régime a conduit à l’exclure du champ d’application du ministère du travail.
Enfin, le rapport propose une définition région par région de nouvelles règles, ce qui pourrait conduire à leur éclatement en particulier dans les régions dans lesquelles les OS sont moins présentes.
Dans le débat, la CGT a rappelé son opposition frontale au principe de l’écrêtage mis en œuvre dans le cadre des horaires variables ; pratique qui conduit à « légaliser » le travail dissimulé. Elle a demandé qu’un point précis soit fait sur les dépassements d’horaires (combien d’heures, leur correspondance en ETP…).
Le DGP a conclu ce point en indiquant que ce 1er échange avec les OS a fait ressortir la nécessité d’un cadrage national assez contraignant. A ce titre, il lui fallait tirer les conséquences de ce statu quo demandé par les OS par rapport à la demande d’harmonisation des DIRECCTEs.
Il propose la mise en place d’un groupe de travail du CTS chargé de faire des propositions visant à mieux contribuer à une cohésion sociale sur cette thématique qui recoupe des questions essentielles (cycle de travail, horaires variables…) et permettre ainsi au CTS de se prononcer sur celles-ci.
DECLARATION LIMINAIRE DE LA CGT CTS DU 7 DECEMBREVous réunissez ce jour les CTS des DIRECCTE/DIECCTE, dans le but d’avancer dans votre réforme, par le biais d’un schéma informatique imbuvable et d’un rapport préparant l’organisation harmonisée du temps de travail.
Ainsi, la marche forcée de la RGPP se poursuit inexorablement, malgré les protestations des personnels, des usagers et les critiques, toujours plus sévères, des parlementaires de tous bords.
Vous demeurez sourd au mal être des agents qui ne cessent, parce qu’ils la vivent au quotidien, de clamer que cette réforme est nuisible et inefficace.
Vous avez cassé des collectifs de travail qui, au fil des ans avaient fait la preuve de leur efficacité et vous prétendez aujourd’hui, en l’espace de quelques mois, en construire de nouveaux.
Les agents n’ont toujours pas admis la désorganisation de leurs services qu’il faudrait déjà qu’ils renoncent au peu qu’il leur reste : les rythmes de travail, la manière de rendre compte de ce travail et leur système informatique.
Pensez-vous créer la cohésion, en imposant à des personnels qui ne se connaissent pas, qui n’ont aucune mission commune, une organisation artificielle, sans doute copiée sur celle de groupes privés qui vous inspirent tant, avec la réussite que l’on connaît (cf. CHORUS)…
Vous avez nommé dans certaines DIRECCTE des chargés de mission à la recherche de synergies entre ces morceaux d’administrations épars… à ce jour, aucun signal… Vous comme nous, savons bien que les pièces de ce puzzle, taillées à la hache, n’ont aucune chance de s’emboîter un jour !
La CGT ne peut que s’insurger contre vos méthodes, toujours les mêmes, qui, sous couvert de pseudo dialogue social n’ont pour objectif que d’imposer une réforme dont plus personne ne veut.
La CGT renouvèle ce jour encore sa demande de moratoire. La RGPP doit s’arrêter !
Comme l’affirment Messieurs ECKERT et CORNU GENTILLE, dans leur rapport au Comité d’Évaluation des Comptes et Politiques Publiques (CEC) de l’Assemblée Nationale : « Les modalités d’application (de la RGPP) ont suscité de telles réactions des agents et des usagers que sans évolution, le processus est intenable à terme ».
Comme le réclame le Conseil Économique, Social et Environnemental, il est urgent de « repenser les modalités de la réforme de l’État », il faut « suspendre temporairement la RGPP pour l’évaluer et la réorienter ».
La CGT vous demande donc de suspendre dès aujourd’hui les projets en cours, de lancer au plus près des agents une étude sur les conséquences de la RGPP et sur les voies d’amélioration de leurs conditions de travail, en lien avec les évaluations menées par les CHSCTM.
Monsieur le Président, la mythologie nous apprend que les monstres hybrides créés dans la violence, dont le plus emblématique demeure la Chimère, n’ont connu que des vies misérables et ont engendré ruine et désolation.
Nous vous demandons solennellement de stopper le processus de création de la Chimère DIRECCTE/DIECCTE.



